Le dépôt d'un testament auprès du Registraire des successions (HaRasham le-Inyanei Yerusha) est une procédure facultative qui vise à conserver le testament original et à faciliter sa localisation à l'avenir. Ce guide explique qui peut déposer, comment le faire à distance, ce qui se passe après le dépôt et quelles erreurs il convient d'éviter.
Le dépôt d'un testament est une procédure facultative par laquelle le testateur remet le testament original en conservation au Registraire des successions, afin de garantir qu'il ne soit ni perdu, ni falsifié, ni dissimulé. Le testament est valable même sans dépôt, mais le dépôt offre une trace officielle, une conservation physique en lieu sûr et une localisation facile par les héritiers après le décès.
Qu'est-ce que le dépôt d'un testament et pourquoi est-il nécessaire
Lorsqu'on parle de dépôt d'un testament, il s'agit d'un acte technique unique et simple : la remise du testament original, écrit de la main du testateur ou tel qu'il a été signé en sa présence et en présence de témoins, au Registraire des successions du ministère de la Justice, aux fins de conservation physique. Il ne s'agit ni d'un contrôle du contenu du testament, ni d'une confirmation de sa validité juridique, ni d'un examen de la capacité du testateur au moment où il l'a rédigé. Le Registraire se contente de recevoir le document, de l'inscrire dans son registre et de remettre au testateur une confirmation à cet effet.
La Loi sur les successions reconnaît plusieurs formes de testament : le testament olographe, le testament devant témoins, le testament devant une autorité (par exemple devant un juge, un registraire ou un notaire), et le testament de la personne à l'article de la mort (shekhiv me-ra), fait oralement dans des circonstances particulières. Chacune de ces formes, à l'exception du testament oral qui n'a pas de document original physique, peut en principe être déposée auprès du Registraire, à condition de remplir les exigences de forme que la loi fixe pour ce testament précis.
Les raisons pratiques pour lesquelles certaines personnes choisissent de déposer leur testament sont claires. Un document conservé à la maison, dans un tiroir ou un coffre privé, peut être perdu dans un incendie, une inondation ou par erreur, voire « disparaître » délibérément du fait de quelqu'un qui n'est pas satisfait de son contenu. Le dépôt prévient de tels scénarios et fournit également une preuve importante face à de futures allégations selon lesquelles le testament aurait été modifié ou remplacé après sa rédaction. Un autre avantage est la facilité de localisation : après le décès, celui qui dépose une demande d'ordonnance d'homologation du testament n'a pas à deviner s'il existe un testament déposé, car le Registraire le vérifie automatiquement dans ses registres.
Le dépôt d'un testament est-il une obligation ou une faculté
Selon la Loi sur les successions, 5725-1965, le dépôt d'un testament est une possibilité que la loi accorde au testateur, et non une obligation. Un testament établi conformément aux exigences de forme fixées par la loi, olographe, devant témoins, devant une autorité ou sous une autre forme reconnue par la loi, est valable exactement de la même manière, qu'il ait été déposé ou non. Le dépôt ne crée pas la validité, et son absence n'y porte pas atteinte.
Qu'advient-il d'un testament qui n'a pas été déposé
Le problème pratique d'un testament non déposé et inconnu de la famille est qu'il risque tout simplement de ne jamais être découvert. Si le testateur a conservé le document dans un endroit connu de lui seul, sans en révéler l'existence à quiconque, le testament peut rester dans ce même tiroir longtemps après le décès, tandis que la succession est en réalité partagée selon la loi ou selon un testament antérieur qui, lui, a été découvert. Même si le testament finit par être découvert, une découverte tardive peut conduire à un conflit entre héritiers, surtout si des actes ont déjà été accomplis sur la succession sur la base d'une autre hypothèse.
On peut imaginer la situation suivante : une personne rédige un testament de sa main et le glisse entre les pages d'un livre, sur une étagère de la maison, sans en parler aux membres de sa famille. Des années plus tard, peu après son décès, les héritiers supposent qu'il n'y a pas de testament et déposent une demande d'ordonnance de succession selon les règles successorales ordinaires. Ce n'est qu'au moment de vider l'appartement en vue de sa vente que le testament est découvert. Dans une telle situation, une procédure judiciaire distincte peut s'avérer nécessaire pour rectifier le partage de la succession conformément à la volonté exprimée dans le testament, procédure qui aurait pu être évitée assez facilement si le testament avait été déposé, ou si son emplacement avait été connu à l'avance des membres de la famille.
Le choix entre le dépôt et la conservation personnelle relève donc de la gestion des risques, et non de la validité juridique. Celui qui compte sur le fait que sa famille saura où trouver le testament et le traitera correctement peut choisir de ne pas le déposer. Celui qui souhaite une sécurité maximale contre la perte, la falsification ou la non-découverte aura recours au dépôt.
Qui peut déposer le testament et quand
Le principe de base est ici un point qui déroute bon nombre de personnes : le testament est déposé par le testateur lui-même, en personne. Le Registraire des successions n'accepte pas de demande de dépôt émanant d'un représentant, d'un mandataire, d'un membre de la famille ou d'un aidant, même s'ils détiennent une procuration générale ou notariée. L'exigence de la présence personnelle du testateur vise à s'assurer que c'est bien lui qui agit pour déposer le document, et qu'il ne s'agit pas d'un acte accompli par un tiers en son nom.
Ce principe est directement lié au caractère personnel de l'établissement d'un testament en droit israélien : faire un testament est un acte juridique qui ne peut être délégué à autrui, pas même au tuteur désigné pour une personne en vertu de la Loi sur la capacité juridique et la tutelle, 5722-1962. Le tuteur peut agir au nom de la personne protégée en matière patrimoniale et de santé, mais il ne peut ni faire un testament en son nom ni déposer un testament en son nom, car la décision portant sur le contenu du testament et sur son existence même doit émaner exclusivement de la volonté libre et personnelle du testateur.
Conséquence pratique : si un parent âgé ou malade souhaite déposer un testament, il est impossible de « le faire à sa place » par l'intermédiaire des enfants. Si l'état de santé du testateur l'empêche de se présenter physiquement, il convient de vérifier à l'avance auprès du bureau du Registraire ou avec un avocat quels aménagements sont possibles, plutôt que de compter sur quelqu'un d'autre pour effectuer le dépôt en son nom.
Dépôt d'un testament notarié et d'un testament notarié numérique par un notaire
Il existe une seule exception à cette règle : un notaire peut, à la demande du testateur, déposer lui-même un testament notarié ou un testament notarié numérique qu'il a établi, dans un délai déterminé à compter de la date d'établissement du testament, tel que fixé par le règlement. Dans ce cas, c'est le notaire qui accomplit effectivement l'acte de dépôt, en vertu d'une compétence que la loi lui reconnaît pour le testament notarié précis qu'il a établi, et non en vertu d'une procuration générale.
Un testament notarié numérique est établi et signé par voie électronique, le plus souvent lors d'une visioconférence avec le notaire, au lieu d'une signature physique sur papier. En matière de dépôt, le notaire qui établit un tel testament bénéficie du même statut d'exception que le notaire qui établit un testament notarié « ordinaire » : il peut le déposer lui-même dans le délai imparti, même si le testateur ne s'est pas présenté physiquement au bureau du Registraire.
La durée de ce délai est fixée par le règlement et peut être modifiée ; il est donc recommandé de vérifier la date exacte auprès du Registraire des successions ou du notaire qui a établi le testament, plutôt que de supposer qu'elle reste inchangée dans le temps.
Où déposer un testament
Le dépôt s'effectue au bureau du Le Registraire aux successions rattaché au district du lieu de résidence du testateur. Le Registraire compte en Israël plusieurs districts de service, et le bureau compétent est déterminé selon l'adresse de résidence enregistrée du testateur, et non selon le bureau le plus pratique géographiquement.
Celui qui n'est pas sûr du district dont il relève, ou qui réside à l'étranger et envisage de venir en Israël spécialement pour le dépôt, a intérêt à le vérifier à l'avance, afin de ne pas se présenter au mauvais bureau pour découvrir qu'il doit s'adresser ailleurs. Vérifier au préalable la bonne adresse évite un déplacement inutile et un retard superflu dans la procédure.
Procédure pratique : les étapes du dépôt d'un testament du début à la fin
Voici le détail des étapes pratiques, pour le dépôt physique comme pour le dépôt à distance, afin de bien comprendre ce qui attend celui qui entame la procédure.
Dépôt physique au bureau du Registraire
- Prise de rendez-vous à l'avance au bureau du Registraire des successions rattaché au district du lieu de résidence du testateur
- Présentation en personne du testateur au bureau, avec le testament original et une carte d'identité en cours de validité
- Remplissage d'un formulaire de demande de dépôt devant l'agent du Registraire
- Paiement de la taxe unique fixée par le règlement
- Remise du testament original en conservation au Registraire
- Réception d'une confirmation ou d'un certificat de dépôt portant un numéro de dossier
Dépôt de la demande en ligne
À la suite de modifications des procédures du Registraire des successions, il est aujourd'hui possible de déposer une demande de dépôt de testament depuis chez soi, via le système en ligne du Registraire, sans se présenter physiquement au bureau à l'étape initiale.
- Connexion au système en ligne du Registraire des successions et identification au moyen des moyens d'identification exigés par le système
- Remplissage du formulaire de demande en ligne
- Paiement de la taxe dans le cadre de la procédure en ligne elle-même
- Réception d'une confirmation ou d'un numéro de référence de la demande
Remise du testament original après le dépôt en ligne
Il est important de comprendre que le dépôt en ligne n'est qu'une étape initiale, et non l'achèvement de la procédure. Le testateur doit encore remettre au Registraire le testament original, lui-même ou par l'intermédiaire d'une autre personne (par exemple un coursier, ou un dépôt dans une boîte de dépôt du service), dans un délai déterminé fixé par le Registraire à compter du dépôt de la demande en ligne. Si l'original n'arrive pas dans les délais, le dépôt en ligne risque d'être annulé, et la procédure devra être recommencée.
C'est pourquoi, avant de s'appuyer sur la procédure en ligne, il convient de vérifier le calendrier exact directement auprès du bureau du Registraire, afin de ne pas manquer le délai de remise de l'original. Pour ceux qui résident à l'étranger, la procédure en ligne peut être une solution très pratique, mais il est préférable de la coordonner à l'avance avec un avocat, afin de s'assurer que chaque étape est accomplie comme il se doit et que l'original est remis physiquement dans les temps.
Quels documents et quel coût pour le dépôt d'un testament
Pour déposer un testament, le testateur doit généralement apporter :
- Le testament original, signé tel qu'il a été établi (olographe, devant témoins ou sous une autre forme prévue par la loi)
- Une carte d'identité en cours de validité
- Un formulaire de demande de dépôt, tel qu'exigé par le Registraire
Le dépôt est soumis à une taxe unique, d'un montant symbolique fixé par le règlement. Les montants des taxes pouvant être actualisés de temps à autre, il est recommandé de vérifier le montant en vigueur directement auprès du Registraire des successions, ou de se renseigner auprès d'un avocat lors de l'organisation du dépôt. Précisons-le : ce paiement couvre uniquement le service de conservation et n'a aucun lien avec les honoraires d'un avocat, si le client fait appel à un avocat pour la rédaction du testament ou pour l'accompagnement dans la procédure.
Un point qui surprend bon nombre de personnes : contrairement à la rédaction du testament elle-même, pour laquelle des témoins sont requis selon les dispositions de la loi, aucun témoin supplémentaire n'est nécessaire au stade du dépôt. Seule la présence du testateur est requise (ou celle du notaire, dans le cas exceptionnel décrit plus haut).
Autre point à connaître : au stade du dépôt, le Registraire ne vérifie pas si le testament a été dûment signé par deux témoins, comme l'exige le testament devant témoins, et ne vérifie ni les coordonnées des témoins ni leur identité. Il est donc possible, en pratique, de déposer un testament qui n'a pas été correctement signé, sans que le Registraire ne le signale. Le problème n'apparaîtra qu'après le décès, lors de l'examen de la demande d'ordonnance d'homologation du testament, et il peut alors s'avérer que le testament est nul en la forme. C'est pourquoi un contrôle juridique des modalités de signature dès la rédaction du testament, avant le dépôt, est tout aussi important que le dépôt lui-même.
Que se passe-t-il après le dépôt : confidentialité, modification et révocation
L'une des caractéristiques les plus importantes du dépôt d'un testament est la confidentialité dont il bénéficie du vivant du testateur.
Qui peut consulter le testament déposé
Tant que le testateur est en vie, le testament déposé est entièrement confidentiel. Personne, y compris le conjoint, les enfants ou d'autres héritiers, ne peut en consulter le contenu sans le consentement exprès du testateur lui-même. Cela vaut même pour le membre de la famille le plus proche. C'est précisément cette confidentialité qui permet au testateur de changer d'avis à tout moment, sans que quiconque en soit informé à l'avance.
Ce que le testateur reçoit concrètement, c'est une confirmation ou un certificat de dépôt portant un numéro de dossier. Il s'agit d'un document important qu'il vaut la peine de conserver en lieu sûr, et il est également souhaitable d'en signaler l'existence (pas nécessairement le contenu du testament) à une personne de confiance, afin qu'elle sache qu'il existe un testament déposé et comment le retrouver le moment venu. Une manière pratique et courante de procéder consiste à remettre le numéro de dossier et le nom de l'avocat qui a rédigé le testament à un membre de la famille, ou à placer la confirmation dans une enveloppe fermée portant la mention « à ouvrir uniquement après le décès », de sorte que l'information technique sur le dépôt soit accessible, sans révéler le contenu réel du testament.
Comment révoquer ou remplacer un testament déposé
Le testateur peut à tout moment, tant qu'il en a la capacité, révoquer un testament déposé, le retirer auprès du Registraire, ou déposer à sa place un testament actualisé. Il ne s'agit pas d'un acte à sens unique : une personne peut changer de volonté à de nombreuses reprises au cours de sa vie, et le dépôt ne l'« enferme » pas dans le premier testament qu'elle a déposé.
Le point crucial ici est que, si un nouveau testament a été fait, il est important d'agir de manière ordonnée et explicite afin que l'ancien testament déposé ne reste pas en vigueur, et qu'il ne naisse pas à l'avenir un différend entre héritiers sur la question de savoir lequel des deux testaments prévaut. Par exemple, si une personne a déposé un testament une certaine année, puis s'est remariée et a déposé un autre testament sans y préciser expressément qu'il révoque le testament précédent, il se peut qu'après son décès deux testaments déposés soient découverts en parallèle. Dans une telle situation, les héritiers selon le testament antérieur et les héritiers selon le testament postérieur peuvent s'opposer sur la question de savoir lequel reflète ses dernières volontés, ce qui peut nécessiter une décision judiciaire. Une rédaction imprécise, ou le maintien de deux testaments déposés sans préciser clairement lequel révoque l'autre, est une situation susceptible de conduire à Opposition à testament entre héritiers après le décès. Pour tout acte de modification, de révocation ou de retrait d'un testament déposé, il est recommandé de faire appel à un avocat, afin que la révocation soit précise, explicite et juridiquement valable.
Comment vérifier le statut d'une demande et localiser un dépôt existant auprès du Registraire des successions
Celui qui a déposé une demande de dépôt de testament peut vérifier le statut de sa demande au moyen du numéro de confirmation ou du numéro de dossier reçu lors du dépôt. Il s'agit d'une vérification technique simple, qui concerne la procédure de dépôt elle-même.
Il est important de la distinguer de la vérification du statut d'une demande d'ordonnance d'homologation du testament, qui relève d'une procédure totalement distincte, pertinente uniquement après le décès du testateur, une fois qu'une demande d'ordonnance d'homologation du testament a été déposée.
Une question revient souvent : peut-on « vérifier s'il existe un testament déposé » par une personne donnée ? En pratique, tant que cette personne est en vie, une telle possibilité n'existe pas, précisément en raison de la confidentialité décrite plus haut. Même les proches parents ne peuvent pas savoir si un testament a été déposé, tant que le testateur est en vie. La localisation d'une demande existante auprès du Registraire des successions n'est en pratique possible que dans le cadre d'une demande d'ordonnance d'homologation du testament après le décès, dans laquelle le Registraire consulte ses registres au titre de la procédure elle-même, et non comme une vérification libre que chacun pourrait effectuer à tout moment.
Sur le plan technique, celui qui dépose une demande d'ordonnance d'homologation du testament (généralement la personne désignée comme fiduciaire ou celle mentionnée comme héritier dans le testament) joint à la demande l'acte de décès du testateur. Le Registraire vérifie le nom du défunt et son numéro de carte d'identité dans le registre des dépôts, et détermine s'il existe un testament déposé à son nom. Si tel est le cas, celui-ci est extrait du dossier et produit dans le cadre de la procédure. Cette procédure est la seule dans laquelle la vérification est effectuée, et il n'est pas possible de « s'adresser directement au Registraire » pour lui demander de vérifier si une personne donnée a déposé un testament, sans déposer de demande formelle d'ordonnance d'homologation du testament après son décès.
Quel est le lien entre le dépôt d'un testament et l'ordonnance d'homologation du testament après le décès
Lors du dépôt d'une demande d'Ordonnance d'homologation de testament, le Registraire des successions vérifie dans ses registres s'il existe un testament déposé au nom du défunt. Si un testament déposé est trouvé, c'est lui qui sera examiné dans le cadre de la demande, et non une autre version qui aurait été trouvée chez un membre de la famille ou dans un tiroir à la maison.
C'est là que réside l'un des grands avantages pratiques du dépôt : il réduit considérablement le risque qu'un testament antérieur, que le testateur entendait déjà révoquer ou remplacer, soit découvert par erreur et présenté comme son dernier testament. Lorsqu'un testament est déposé auprès du Registraire, il existe un enregistrement officiel de ce que le testateur lui-même a défini comme contraignant au moment du dépôt.
Par exemple, supposons qu'une personne ait déposé un testament une année donnée, puis ait rédigé un nouveau testament avec l'aide d'un avocat, sans le déposer, et l'ait conservé à la maison. Si la famille ne trouve que l'exemplaire conservé à la maison et le présente en vue d'une ordonnance d'homologation, le Registraire consultera tout de même ses registres et découvrira qu'il existe un testament déposé à une date antérieure. Dans une telle situation, une procédure sera nécessaire pour trancher la question de savoir quel testament prévaut, le testament antérieur déposé ou le testament postérieur non déposé, question qui dépend de la rédaction de chacun des testaments et des indices d'une intention de révocation expresse ou implicite. C'est précisément ce type de scénario qui montre pourquoi il est important, chaque fois que l'on fait un nouveau testament, de veiller aussi au retrait ou à la révocation expresse de tout testament antérieur déposé.
Il convient toutefois de clarifier un point qui déroute bon nombre de personnes : le dépôt ne dispense pas de déposer une demande d'ordonnance d'homologation du testament après le décès. Il s'agit de deux procédures distinctes et complémentaires. Le dépôt est une étape de conservation du vivant du testateur, et l'ordonnance d'homologation est la procédure qui confère au testament une force juridique contraignante aux fins du partage effectif de la succession, après le décès.
Erreurs courantes à éviter lors du dépôt d'un testament
En pratique, plusieurs erreurs reviennent régulièrement en matière de dépôt de testament :
- Tenter de déposer le testament par l'intermédiaire d'un mandataire ou d'un membre de la famille au lieu du testateur lui-même, ce qui risque d'être rejeté d'emblée et d'entraîner un retard inutile et de la frustration
- Déposer le testament sans informer personne de l'existence du dépôt ou du numéro de dossier, ce qui complique fortement la localisation du testament par les héritiers à l'avenir
- Supposer à tort que le dépôt vaut confirmation de la validité du testament, alors qu'en réalité le Registraire ne vérifie ni le contenu du testament, ni la capacité du testateur au moment de sa rédaction, ni même la régularité de la signature et des témoins
- Faire un nouveau testament sans révoquer expressément un testament antérieur déposé, ce qui risque de créer un différend entre héritiers sur la question de savoir quel testament prévaut
- Se contenter du seul dépôt en ligne, en oubliant de remettre l'original physique dans le délai fixé par le Registraire, ce qui risque d'annuler l'ensemble du dépôt
- Se présenter au bureau du Registraire du mauvais district, sans vérifier au préalable quel district est rattaché à l'adresse de résidence enregistrée du testateur
- Se passer de conseil juridique lors d'un changement de situation familiale, tel qu'un divorce, un remariage ou la naissance d'autres enfants, et laisser en place un testament déposé qui ne correspond plus à la situation réelle
Dépôt d'un testament et autres moyens de conservation du testament
Le dépôt auprès du Registraire n'est pas le seul moyen de conserver un testament, mais il est utile de comprendre comment il se compare aux autres options :
| Mode de conservation | Risque de perte | Confidentialité du vivant du testateur | Facilité de localisation après le décès | Contrôle de la régularité de la forme au stade de la conservation |
|---|---|---|---|---|
| Dépôt auprès du greffier | Faible | Totale | Élevée, via la demande d'ordonnance d'homologation | Aucune, le greffier se contente de recevoir le document |
| Conservation à domicile ou dans un coffre privé | Plus élevé | Dépend de qui connaît l'emplacement | Dépend de la connaissance qu'en a la famille | Aucune |
| Conservation chez l'avocat qui l'a rédigé | Faible | Élevé | Dépend de la connaissance de l'identité de l'avocat | L'avocat a généralement rédigé le testament et vérifié sa forme au préalable |
| Testament notarié, dépôt par le notaire | Faible | Élevé | Élevée | Le notaire rédige et a certifié le testament avant le dépôt |
Le dépôt auprès du greffier offre une combinaison rare de confidentialité totale, de grande facilité de localisation et de sécurité contre la perte. Il ne remplace toutefois pas la nécessité d'un conseil juridique lors de la rédaction du testament lui-même, car la validité juridique du testament se détermine au stade de la rédaction et non à celui de la conservation. Une rédaction accompagnée par un avocat, suivie d'un dépôt auprès du greffier, est le plus souvent la combinaison qui offre le plus haut degré de sécurité, tant pour la régularité du document que pour sa conservation physique.
Quand est-il recommandé de faire appel à un avocat en droit des successions avant de déposer un testament
Le dépôt est une étape technique et relativement simple. L'étape juridique vraiment déterminante est la rédaction du testament elle-même : formulation précise des dispositions, témoins conformément à la loi, et adaptation à la situation familiale et patrimoniale spécifique du testateur. Un testament rédigé de façon générale ou imprécise, même correctement déposé, peut encore donner lieu à des litiges entre héritiers.
Au cabinet de Me Shay Zohar à Ramat Gan, chaque démarche commence par une rencontre personnelle, fixée à l'avance, au cours de laquelle la situation spécifique du client est examinée : la composition de la famille, les biens, ses intentions, ainsi que des questions particulières comme des enfants issus d'un précédent mariage ou des biens à l'étranger. Cette rencontre est la base de la rédaction d'un testament conforme à la situation réelle, et ce n'est qu'ensuite que la question du dépôt devient pertinente.
Il est recommandé de consulter également dans d'autres cas, pas seulement pour la rédaction d'un nouveau testament : lorsque l'on souhaite modifier un testament existant, lorsque l'on demande l'annulation d'un dépôt existant, ou lorsque l'on craint une opposition future d'un autre héritier. Un accompagnement professionnel à ces étapes réduit considérablement le risque de litiges juridiques après le décès. Le cabinet accompagne également des particuliers et des sociétés, y compris des clients résidant à l'étranger qui souhaitent régler un testament et des questions successorales en Israël, avec une coordination préalable de toutes les étapes nécessaires.
Des informations complémentaires sur ce sujet figurent sur la page Avocat en droit de la famille et des successions à Ramat Gan.
Questions fréquentes
Est-il obligatoire de déposer un testament auprès du Registraire des successions ?
Non. Selon la Loi sur les successions, le dépôt d'un testament est facultatif et non obligatoire. Un testament établi conformément aux exigences de la loi est valable même sans dépôt, mais le dépôt en assure la conservation en lieu sûr et réduit le risque que le testament soit perdu ou ne soit jamais découvert.
Qui peut déposer un testament ? Est-ce possible par l'intermédiaire d'un avocat ou d'un mandataire ?
Le testament est déposé par le testateur lui-même, en personne, et non par un membre de la famille, un mandataire ou un avocat agissant en son nom. La seule exception est le notaire, qui peut déposer lui-même un testament notarié qu'il a établi, à la demande du testateur et dans le délai fixé par le règlement.
Combien coûte le dépôt d'un testament auprès du Registraire ?
Il existe une taxe unique d'un montant symbolique fixé par le règlement. Ce montant pouvant être actualisé, il est recommandé de le vérifier auprès du bureau du Registraire des successions ou avec un avocat au moment du dépôt.
Peut-on modifier ou révoquer un testament déjà déposé ?
Oui. Le testateur peut à tout moment révoquer ou retirer un testament déposé, ou le remplacer par un nouveau testament, tant qu'il en a la capacité. Il est recommandé de se faire accompagner par un avocat afin que la révocation ou le remplacement soient clairs et valables à l'égard de tout testament antérieur.
Quelle est la différence entre le dépôt d'un testament et l'ordonnance d'homologation du testament ?
Le dépôt d'un testament est la conservation physique du testament du vivant du testateur. L'ordonnance d'homologation du testament relève d'une procédure distincte, introduite uniquement après le décès, dans laquelle le Registraire des successions examine le testament et lui confère force juridique aux fins du partage de la succession.
Comment savoir s'il existe un testament déposé par une personne décédée ?
Tant que la personne est en vie, le testament déposé est confidentiel et il n'existe aucun moyen de vérifier son existence. Après le décès, lors du dépôt d'une demande d'ordonnance d'homologation du testament, le greffier aux successions (Rasham LeInyanei Yerusha) vérifie dans ses registres, sur la base de l'acte de décès et des informations relatives au défunt, si un testament a été déposé à son nom.
Peut-on déposer plusieurs testaments simultanément ?
Techniquement, il est possible de déposer d'autres testaments au cours de sa vie, chaque dépôt étant enregistré séparément avec sa propre date. Toutefois, l'existence de plusieurs testaments déposés sans révocation expresse des précédents peut créer un litige entre héritiers quant au testament qui reflète la dernière volonté du testateur. La bonne démarche consiste à inclure dans chaque nouveau testament une disposition expresse révoquant tout testament antérieur, et à veiller à retirer ou annuler également le dépôt précédent, plutôt que de laisser plusieurs versions déposées en parallèle.
Un testament de personne mourante (tzavaat shechiv mera), fait oralement, peut-il être déposé ?
Pas de la même manière. Le testament de personne mourante est par nature un testament oral, fait dans des circonstances particulières reconnues par la loi, et il n'existe pas de document écrit original pouvant être déposé auprès du greffier. En pratique, ce testament repose sur le témoignage de ceux qui l'ont entendu et non sur un document physique ; la question du dépôt, telle qu'elle se pose pour les testaments écrits, ne s'y applique donc tout simplement pas.
Que se passe-t-il si le testament original déposé est endommagé ou subit une atteinte physique pendant sa conservation ?
Le greffier aux successions est responsable de la bonne conservation physique des documents déposés auprès de lui. Si un dommage physique au testament déposé est constaté, il convient de s'adresser directement au greffier et de documenter la situation, et il est recommandé de faire appel à un avocat pour examiner les mesures nécessaires selon les circonstances spécifiques.
Cet article fournit uniquement des informations générales et ne remplace pas un examen et un conseil juridique individualisés adaptés à votre situation personnelle. Pour un accompagnement professionnel concernant le dépôt d'un testament, sa rédaction ou toute autre question de droit des successions, vous pouvez fixer un rendez-vous personnel au cabinet de Me Shay Zohar à Ramat Gan, par téléphone ou par WhatsApp au 054-668-0699.
--- Ignoré : le montant actuel des frais du Rasham, le délai de dépôt par le notaire, le parcours exact sur le portail en ligne et les limites des districts n'ont pas été vérifiés auprès d'une source en direct ; ces éléments sont restés qualitatifs, conformément au brief. Le numéro exact de l'article de loi relatif au dépôt n'a pas été confirmé (une référence générique à la « loi sur les successions » [חוק הירושה] a été conservée au lieu de citer un article précis, afin d'éviter une citation non vérifiée). Risque : ces détails réglementaires peuvent changer et doivent être vérifiés par le praticien avant publication.Les informations de cet article sont générales et ne constituent ni un conseil juridique ni un substitut à un rendez-vous avec un avocat. Chaque cas est examiné selon ses propres faits.
