Un guide complet sur l'ordonnance d'homologation de testament : qui peut déposer la demande, quels documents sont requis et ce qui se passe lorsqu'une opposition est formée. L'article explique également ce qui se passe en l'absence de testament et comment vérifier l'état d'une demande en cours ou obtenir une copie de l'ordonnance.
L'ordonnance d'homologation de testament est une validation juridique, délivrée par le Registraire aux successions ou par le Tribunal aux affaires familiales, qui confère au testament une force obligatoire après le décès du testateur. L'ordonnance permet aux héritiers de mettre concrètement en œuvre les dispositions du testament, par exemple l'inscription de biens, le retrait de fonds auprès des banques et le transfert de droits au nom des héritiers.
Qu'est-ce qu'une ordonnance d'homologation de testament et pourquoi est-elle nécessaire
Un testament signé ne suffit pas, à lui seul, à transférer des droits sur des biens. Même si le testateur a signé le testament devant témoins et l'a établi conformément à la loi, les héritiers ont besoin d'une validation officielle lui conférant une force juridique obligatoire à l'égard des tiers : banques, Autorité foncière, compagnies d'assurance et autres organismes.
L'organe compétent pour délivrer l'ordonnance est le Registraire aux successions. En cas de litige, par exemple le dépôt d'une opposition ou un doute sur la capacité juridique du testateur, le dossier est transmis au Tribunal aux affaires familiales, qui rend la décision finale.
Une fois l'ordonnance rendue, elle constitue une preuve solide que le testament est valable et reflète les dernières volontés du testateur. Sur la base de l'ordonnance, les héritiers peuvent agir concrètement : inscrire un appartement à leur nom au registre foncier (Tabou), clôturer les comptes bancaires du défunt et transférer les fonds, faire immatriculer un véhicule à leur nom, ou exercer d'autres droits qui leur ont été attribués par le testament, tels que des droits dans une société privée, des valeurs mobilières ou des caisses de prévoyance.
La différence entre une ordonnance d'homologation de testament et une ordonnance de succession
L'ordonnance d'homologation de testament est rendue lorsqu'il existe un testament valable, dont elle confirme la validité. L'ordonnance de succession, en revanche, est rendue lorsqu'il n'existe aucun testament, ou lorsque le testament existant n'est pas valable ; dans ce cas, le partage s'effectue selon l'ordre des héritiers fixé par la loi sur les successions, 5725-1965. Il est important de savoir à l'avance quelle procédure engager, car les formulaires et les exigences diffèrent.
Le tableau suivant résume les principales différences entre les deux procédures :
| Sujet | Ordonnance d'homologation de testament | Ordonnance de succession |
|---|---|---|
| Situation de départ | Il existe un testament valable | Il n'existe pas de testament, ou le testament existant n'est pas valable |
| Base du partage | Les dispositions du testament lui-même | L'ordre des héritiers selon la loi sur les successions |
| Document principal requis | Le testament original | Acte de décès et déclarations sous serment des héritiers |
| Organe compétent dans le cas ordinaire | Le Registraire aux successions | Le Registraire aux successions |
| Transfert au tribunal | Lorsqu'une opposition est déposée ou qu'il existe un doute sur la capacité du testateur | Lorsqu'il existe un litige sur l'identité des héritiers ou sur leurs parts |
Les types de testaments selon la loi sur les successions et leur incidence sur la demande
La loi sur les successions reconnaît plusieurs types de testaments, chacun étant examiné par le Registraire selon les exigences de forme qui lui sont propres. Il est important de comprendre le type concerné dès la préparation de la demande, car des documents différents sont requis pour chaque type.
| Type de testament | Exigence de forme principale | Point d'attention |
|---|---|---|
| Testament olographe | Entièrement écrit de la main du testateur, daté et signé | Si une partie est dactylographiée ou écrite d'une autre main, sa validité est mise en question |
| Testament devant témoins | Signature du testateur devant deux témoins, qui signent également | Les témoins ne peuvent pas être bénéficiaires du testament |
| Testament devant une autorité | Déclaration des dispositions testamentaires devant un juge, un registraire ou un membre d'un tribunal religieux | L'autorité consigne les déclarations et les certifie |
| Testament oral (shekhiv mera, personne à l'article de la mort) | Une personne sur le point de mourir dicte ses dernières volontés oralement devant deux témoins | Validité limitée dans le temps, nécessitant que les témoins consignent rapidement les déclarations auprès du Registraire |
Par exemple, supposons qu'un testament olographe soit retrouvé parmi les papiers personnels du testateur, sans témoins. Dans ce cas, le Registraire examinera attentivement si l'intégralité du texte a été écrite de sa main, si une date y figure et si une signature apparaît à la fin du document. L'absence de l'un de ces éléments peut faire naître un doute sur la validité du testament, et parfois même entraîner le transfert du dossier au tribunal pour l'examen de sa validité.
Qui peut déposer une demande d'ordonnance
Le droit de déposer une demande d'ordonnance d'homologation de testament appartient, en premier lieu, à toute personne mentionnée dans le testament en tant qu'héritier ou bénéficiaire d'une part de la succession, ou à toute personne agissant en son nom. Lorsque le tribunal a désigné un administrateur de la succession, celui-ci peut également être habilité à déposer la demande dans certaines circonstances, notamment lorsque les héritiers ne s'accordent pas sur celui d'entre eux qui la déposera, ou lorsque la gestion des biens présente une complexité jusqu'à la délivrance de l'ordonnance.
Lorsqu'il y a plusieurs héritiers, il est d'usage que l'un d'eux dépose la demande au nom de tous, mais il convient de souligner que tout héritier mentionné dans le testament a le droit de consulter la demande et les documents qui y sont joints, et d'exprimer sa position s'il a des réserves. Un héritier qui n'a pas été informé de la demande, ou qui n'en avait pas connaissance, peut dans certaines circonstances se renseigner lui-même sur l'état de la procédure.
Un mineur, ou une personne déclarée juridiquement incapable, ne peut pas déposer la demande lui-même. Dans ce cas, c'est un tuteur désigné conformément à la loi qui le représente, selon les dispositions de la loi sur la capacité juridique et la tutelle, 1962. Un tuteur agissant au nom d'un mineur doit, dans certains cas, obtenir également une autorisation supplémentaire du tribunal pour les actes concernant les biens du mineur.
Comme il existe parfois une incertitude sur la question de savoir lequel des héritiers doit déposer la demande, et qui doit y être associé, il est recommandé de le vérifier à l'avance avec un avocat. Une telle vérification préalable évite des retards ultérieurs et empêche que le Registraire ne renvoie la demande en raison d'une lacune procédurale.
Quels documents sont requis pour déposer la demande
Le dépôt d'une demande d'ordonnance d'homologation de testament exige un ensemble de documents ordonné. Les documents manquants ou erronés sont la cause la plus fréquente de retard dans le traitement de la demande ; il est donc conseillé de préparer à l'avance l'ensemble de la liste suivante :
- Acte de décès original du testateur, délivré par le ministère de l'Intérieur
- Le testament original lui-même, et non une copie ou un scan, y compris toute annexe qui y est jointe
- Les informations d'identité complètes et exactes de l'ensemble des héritiers mentionnés dans le testament, y compris les héritiers résidant à l'étranger
- Les déclarations sous serment complémentaires exigées par les formulaires du Registraire aux successions, selon les circonstances du dossier
- Le paiement d'une taxe, dont le montant est fixé et mis à jour périodiquement par les autorités ; il est donc recommandé de vérifier le montant en vigueur auprès du Registraire à la date du dépôt
Lorsque l'un de ces documents est manquant, illisible ou ne correspond pas aux informations d'identité figurant dans la demande, le Registraire peut suspendre le traitement de la demande jusqu'à ce que les lacunes soient comblées. De nombreuses demandes sont retardées de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, uniquement en raison d'une lacune formelle qui aurait pu être évitée.
Les étapes de la procédure : comment déposer une demande étape par étape
Le dépôt d'une demande d'ordonnance d'homologation de testament se déroule selon des étapes fixes, dont l'objectif est de garantir que toute personne susceptible d'avoir un intérêt dans la succession dispose d'une possibilité raisonnable d'avoir connaissance de la demande et d'y réagir.
Dépôt en ligne sur le site du Registraire aux successions
La première étape consiste à déposer la demande dans le système en ligne du Registraire aux successions. À ce stade, on télécharge l'ensemble des documents requis : l'acte de décès, les informations sur les héritiers, les déclarations sous serment complémentaires, et on acquitte la taxe requise. Il est très important de remplir les informations avec exactitude à ce stade, car une petite erreur peut entraîner un retard important par la suite.
Dépôt du testament original
Parallèlement au dépôt en ligne, le testament original doit être effectivement déposé auprès du Registraire, à une date proche de celle du dépôt de la demande. Le Registraire examine le testament original afin de s'assurer qu'il satisfait aux exigences de forme prévues par la loi sur les successions, telles que la signature du testateur et des témoins, selon le type de testament.
Publication de la demande et période d'opposition
Après le dépôt, le Registraire publie un avis concernant la demande, afin de permettre à toute personne estimant avoir un intérêt dans la succession, par exemple un héritier potentiel selon la loi, d'y réagir. Après la publication s'ouvre un délai déterminé, fixé par la loi, pendant lequel il est possible de former opposition à l'ordonnance.
Si ce délai est écoulé sans qu'aucune opposition n'ait été déposée, et en l'absence d'autre empêchement, le Registraire examine l'ensemble des documents et délivre l'ordonnance. Aujourd'hui, l'ordonnance est délivrée sous forme numérique, et un avis est simultanément adressé aux organismes concernés, tels que le registre foncier (Tabou) et les systèmes bancaires, de sorte que les héritiers peuvent agir sur sa base dans un délai relativement court.
Voici, de manière générale, la séquence d'étapes typique d'un dossier sans litige : préparation des documents, dépôt en ligne et paiement de la taxe, dépôt de l'original auprès du Registraire, publication de la demande, expiration de la période d'opposition sans qu'une opposition ait été déposée, et enfin délivrance de l'ordonnance et sa transmission aux organismes concernés. Dès que l'une de ces étapes rencontre un problème, par exemple un document manquant ou une démarche d'un héritier qui n'a pas été informé, l'ensemble du dossier peut revenir à une étape antérieure.
Recommandation pratique : avant le dépôt, il est recommandé de passer en revue le formulaire de demande et l'ensemble des documents joints avec un avocat. Une telle vérification permet d'identifier à l'avance les lacunes susceptibles de retarder le traitement, et évite que la demande ne soit renvoyée pour complément après des semaines d'attente.
Combien de temps dure la procédure et quels facteurs influent sur sa durée
Il n'est pas possible de garantir à l'avance une durée fixe de traitement d'une demande d'ordonnance d'homologation de testament, celle-ci dépendant des circonstances propres à chaque dossier et de la charge de travail du Registraire à la date du dépôt.
Plusieurs facteurs tendent à allonger la durée du traitement :
- Des documents manquants ou non conformes nécessitant un complément
- Des écarts dans les informations sur les héritiers, par exemple une erreur dans le numéro d'identité ou dans l'adresse
- Des héritiers résidant à l'étranger, avec lesquels la communication ou l'obtention de documents certifiés prend du temps, et nécessite parfois une certification notariale et une apostille
- Le dépôt d'une opposition, qui fait basculer le dossier vers une voie différente et nettement plus longue
- Une succession complexe, des biens situés dans différents pays, ou un doute sur la capacité juridique du testateur au moment de la signature du testament
Lorsque la demande est déposée de manière complète et exacte dès le départ, sans nécessité de compléments, le dossier suit la voie ordinaire prévue par la loi : publication, période d'opposition, puis délivrance de l'ordonnance. Un accompagnement juridique rigoureux dès le début de la procédure réduit considérablement le risque de retards dus à des erreurs formelles. Un avocat qui connaît les exigences précises du Registraire peut s'assurer que la demande est déposée de manière complète et correcte dès le départ, et faire gagner un temps précieux aux héritiers.
Quand le dossier passe-t-il du Registraire au Tribunal aux affaires familiales
Dans certains cas, le traitement de la demande d'ordonnance d'homologation de testament ne reste pas entre les mains du Registraire aux successions, mais est transféré au Tribunal aux affaires familiales. Cela se produit dans les circonstances suivantes :
- Lorsqu'une opposition à la demande est déposée par une personne ayant un intérêt dans la succession
- Lorsqu'il existe un doute sur la capacité juridique du testateur au moment de la rédaction du testament
- Lorsqu'il est allégué que le testament a été falsifié, qu'une influence indue a été exercée sur le testateur, ou qu'un vice entache la manière dont le testament a été établi
- Lorsque le testateur était mineur à la date de rédaction du testament
Dès que le dossier est transféré au tribunal, il s'agit d'une procédure judiciaire à part entière, qui exige une représentation juridique rigoureuse, la production de preuves, et parfois aussi des expertises, et non plus d'un simple examen procédural comme celui effectué par le Registraire. La procédure elle-même peut s'allonger considérablement, comporter plusieurs audiences et l'audition de témoins, et rendre nécessaire un conseil juridique professionnel pour toutes les parties concernées, qu'il s'agisse des auteurs de l'opposition ou de ceux qui demandent l'homologation du testament.
Qui peut former opposition à l'ordonnance et que se passe-t-il lorsqu'une opposition est déposée
Le droit de former opposition à une ordonnance d'homologation de testament n'est pas réservé aux seuls héritiers mentionnés dans le testament. Toute personne ayant un intérêt dans la succession, par exemple un héritier potentiel selon la loi qui n'est pas mentionné dans le testament, peut former opposition pendant le délai fixé par la loi.
Motifs d'opposition fréquents
Parmi les motifs fréquents d'opposition à un testament :
- Un doute sur la capacité juridique du testateur au moment de la rédaction du testament, par exemple en raison de son état médical ou psychique
- L'allégation d'une influence indue de la part d'une personne proche du testateur
- Un vice de forme du testament, par exemple l'absence des signatures ou des témoins requis
- Un soupçon de falsification du testament ou de la signature du testateur
Par exemple, supposons qu'un testament attribue l'intégralité de la succession à une seule personne qui n'était pas un parent du testateur, tandis que les enfants ne reçoivent aucune part. De telles circonstances, en particulier si le testament a été rédigé à une période où la santé du testateur était fragile, peuvent faire naître un soupçon d'influence indue et conduire au dépôt d'une opposition par les enfants. Tout testament unilatéral n'est pas nul, mais des circonstances de ce type justifient un examen approfondi de la validité du testament avant de former une opposition ou de s'en défendre.
Que se passe-t-il après le dépôt d'une opposition
Dès qu'une opposition est déposée, le Registraire aux successions transfère le traitement du dossier au Tribunal aux affaires familiales. À partir de ce moment, la procédure devient une procédure judiciaire sur le fond : des preuves sont présentées, des déclarations sous serment sont déposées, et parfois les témoins du testament ou des experts médicaux sont entendus.
Il est important de comprendre qu'une opposition n'est pas un simple retard technique, mais une procédure judiciaire ayant des conséquences concrètes sur l'identité des héritiers et sur le partage de la succession. Quiconque envisage de former opposition, ou doit faire face à une opposition déposée contre un testament dans lequel il est mentionné, a besoin d'une préparation juridique rigoureuse. Pour approfondir le sujet, il est possible de consulter Opposition à un testament : quand est-ce possible et comment cela fonctionne.
Que se passe-t-il en l'absence de testament : les héritiers selon la loi
Lorsque le défunt est décédé sans laisser de testament valable, il n'est pas possible de déposer une demande d'ordonnance d'homologation de testament. Les héritiers déposent alors une demande d'ordonnance de succession, et le partage de la succession s'effectue selon l'ordre des héritiers fixé par la loi sur les successions, 5725-1965.
Ordre des héritiers selon la loi sur les successions, 5725-1965
Le principe général de la loi veut que le conjoint ou la conjointe du défunt hérite d'une partie de la succession, aux côtés des enfants du défunt. En l'absence d'enfants, les parents du défunt ou d'autres proches peuvent entrer en ligne de compte, selon l'ordre de priorité fixé par la loi. La répartition exacte des parts entre le conjoint ou la conjointe et les enfants est déterminée par les dispositions de la loi et dépend de la situation familiale concrète.
Par exemple, supposons qu'une personne décède en laissant un conjoint et un seul enfant, sans parents en vie. Dans ce cas, la loi prévoit un partage entre le conjoint et l'enfant, qui comprend également un traitement distinct du mobilier du logement commun et du véhicule, conformément aux dispositions spécifiques de la loi sur les successions. En revanche, lorsqu'il y a plusieurs enfants, la part réservée aux enfants est répartie entre eux à parts égales, tandis que la part du conjoint est déterminée séparément.
Quand le conjoint ou la conjointe hérite de tout, et quand ce n'est pas le cas
Dans certains cas, le conjoint ou la conjointe hérite de la majeure partie de la succession, voire de sa totalité, alors que dans d'autres sa part est plus limitée en raison de l'existence d'enfants, de parents ou d'autres proches du défunt. La différence pratique entre une ordonnance de succession et une ordonnance d'homologation de testament est particulièrement importante pour qui ne sait pas s'il existe un testament valable ; il est donc recommandé de le vérifier à l'avance.
Les cas limites exigent un examen au cas par cas de la situation familiale : concubins notoires, enfants du défunt issus d'un précédent mariage, ou héritiers décédés avant le testateur lui-même et laissant leurs propres enfants, qui héritent à la place du parent décédé. Une situation de remariage, avec des enfants de chacun des conjoints, crée parfois aussi une complexité supplémentaire dans le partage de la succession ; dans de tels cas, un examen individuel avec un avocat est important à l'avance, et pas seulement après le décès.
Le testament mutuel entre conjoints et concubins notoires
Le testament mutuel désigne la situation dans laquelle deux conjoints rédigent des testaments interdépendants, chacun prévoyant dans son testament que l'autre conjoint sera le principal bénéficiaire de sa succession ; parfois, ils conviennent également de ce qu'il adviendra ensuite, après le décès des deux, par exemple au profit de leurs enfants communs.
Les concubins notoires peuvent eux aussi rédiger un testament mutuel, sous réserve de remplir les conditions pertinentes fixées par la loi pour ce type de testament. Il n'existe pas de différence de principe, quant à la possibilité de rédiger un testament mutuel, entre conjoints mariés et concubins notoires, mais il importe d'examiner les circonstances concrètes, notamment la manière dont le statut de concubins notoires est lui-même documenté.
Le testament mutuel obéit à des règles particulières concernant sa révocation ou sa modification après le décès de l'un des conjoints. Les testaments mutuels étant interdépendants, la modification unilatérale du testament par le conjoint survivant n'est pas aussi simple que celle d'un testament ordinaire, et elle est parfois même impossible après le décès, en particulier lorsque le conjoint survivant a déjà reçu des biens de la succession en vertu du testament mutuel.
En raison de cette complexité, il est essentiel de rédiger un testament mutuel avec soin, afin d'éviter toute ambiguïté future quant à l'intention des parties, et notamment quant à ce qui doit advenir après le décès des deux conjoints. La rédaction d'un testament, y compris d'un testament mutuel, se fait dans notre cabinet lors d'un rendez-vous personnel fixé à l'avance, au cours duquel sont examinées la situation familiale concrète et les objectifs des parties, et parfois aussi l'articulation avec un contrat de mariage existant entre les conjoints, en particulier lorsqu'il s'agit de familles avec des enfants issus de précédents mariages.
Faut-il obligatoirement déposer le testament à l'avance auprès du Greffe des successions
Le dépôt du testament du vivant du testateur est une possibilité qui lui est offerte, mais non une obligation légale. Celui qui le souhaite peut déposer le testament original auprès du Greffe des successions de son vivant, afin d'en assurer une conservation ordonnée.
Le dépôt anticipé vise principalement à garantir que le testament sera facilement retrouvé après le décès et qu'il n'y aura aucun doute quant à l'endroit où il se trouve. Lorsque le testament est conservé à domicile, dans un cabinet d'avocat ou dans un coffre privé, il existe un risque que les héritiers ne sachent pas où le chercher.
Même sans dépôt anticipé, il est possible de présenter le testament original dans le cadre de la demande d'ordonnance d'homologation de testament après le décès, sans que cela ne constitue un vice de procédure. Toutefois, celui qui choisit de ne pas déposer le testament à l'avance doit s'assurer que les héritiers, ou du moins l'un d'eux, savent précisément où il est conservé. À défaut, il peut devenir réellement difficile de le retrouver en temps utile, et l'on peut même aboutir à une situation où les héritiers agissent en supposant qu'il n'existe aucun testament, alors qu'il existe en réalité un testament plus récent qui n'a pas été découvert.
Comment retrouver une demande existante ou obtenir une copie de l'ordonnance
Il arrive qu'un héritier souhaite vérifier si une demande d'ordonnance d'homologation de testament a été déposée concernant la succession d'un proche, ou obtenir une copie d'une ordonnance déjà rendue. La vérification du statut d'une demande existante s'effectue via le système en ligne du Greffe des successions.
Pour retrouver une demande, il faut disposer des données d'identification du défunt, telles que son nom complet et son numéro de carte d'identité, et parfois aussi du numéro de dossier, s'il est connu. Lorsque l'héritier ne connaît pas le numéro de dossier, il est généralement possible d'effectuer une recherche à partir des seules données du défunt.
Une fois l'ordonnance rendue, il est possible de demander en ligne une copie de l'ordonnance d'homologation de testament, à utiliser auprès des banques, de l'Autorité foncière d'Israël et d'autres organismes qui exigent la présentation de l'ordonnance comme condition pour accomplir des actes au nom des héritiers. C'est la copie officielle qui est effectivement reconnue par tous ces organismes, et non une copie privée ou un scan conservé par l'héritier lui-même.
En cas de difficulté pour retrouver la demande ou obtenir la copie, ou en cas de divergence entre les informations connues de l'héritier et celles figurant dans le système, il est recommandé de s'adresser à l'avocat chargé du dossier, ou directement au Greffe des successions, pour obtenir des éclaircissements.
Erreurs fréquentes à éviter lors du dépôt de la demande
L'expérience pratique montre que la plupart des retards dans la procédure d'ordonnance d'homologation de testament résultent de quelques erreurs récurrentes, qu'il est relativement facile d'éviter en s'organisant à l'avance :
- Le dépôt d'une copie du testament au lieu du testament original, ce qui peut retarder toute la procédure jusqu'à la production de l'original
- Des informations sur les héritiers inexactes ou manquantes, en particulier lorsqu'un héritier se trouve à l'étranger et que l'on ne dispose pas d'informations à jour à son sujet
- L'ignorance de l'existence d'un autre testament ou d'un testament plus récent, susceptible de révoquer le testament antérieur sur lequel repose la demande
- La tentative de déposer une demande seul, sans conseil juridique, alors qu'il est clair dès le départ qu'une opposition est à prévoir de la part de l'un des membres de la famille
- L'absence de vérification préalable de la capacité juridique du testateur au moment de la rédaction du testament, lorsqu'un tel doute existe, par exemple en raison d'un état de santé connu de la famille
- Le fait de s'appuyer sur un testament qui ne satisfait pas aux exigences de forme propres à son type, par exemple un testament olographe dont une partie a été imprimée par ordinateur, ce qui jette immédiatement un doute sur sa validité
Chacune de ces erreurs peut entraîner un retard de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois, et dans les cas les plus graves, l'ouverture d'une procédure d'opposition qui ne serait pas devenue contentieuse si la demande avait été déposée de manière ordonnée dès le départ.
Le lien entre les questions successorales et les autres questions de droit de la famille
Dans de nombreux cas, les questions de testament et de succession ne se posent pas isolément. Les familles avec des enfants issus de précédents mariages, les conjoints qui n'ont pas encore divorcé officiellement, ou les couples vivant en concubinage notoire peuvent être confrontés à des questions à la croisée du droit des successions et du droit de la famille. Par exemple, l'existence d'un contrat de mariage entre conjoints peut influer sur l'étendue de la succession à laquelle s'applique le testament, et un partage des biens non achevé au moment du décès peut compliquer le partage de la succession entre les héritiers.
C'est pourquoi celui qui rédige un testament, et en particulier un testament mutuel, doit aussi l'examiner au regard de sa situation familiale actuelle : contrat de mariage existant, procédure de divorce en cours, ou questions de pension alimentaire pour les enfants non encore réglées. Un accompagnement juridique qui examine la situation dans son ensemble, et pas seulement le texte du testament en lui-même, réduit le risque de litiges futurs entre les héritiers.
Pourquoi se faire accompagner par un avocat dans la procédure, et quelle est la prochaine étape
Un accompagnement juridique dans la procédure d'ordonnance d'homologation de testament réduit considérablement le risque de retards dus à des erreurs formelles dans la demande : documents manquants, informations erronées sur les héritiers, ou méconnaissance des exigences précises du Greffe des successions.
Lorsqu'une opposition est envisageable, ou lorsqu'il existe des divergences et un différend entre les membres de la famille au sujet du testament, une représentation juridique dès le stade du dépôt de la demande est particulièrement importante. Un avocat qui connaît les circonstances du dossier à l'avance peut repérer tôt les points faibles du testament et adapter le mode de dépôt en conséquence.
Les successions comprenant des biens à l'étranger, ou des héritiers se trouvant dans différents pays, exigent une attention particulière, en raison de la nécessité de coordonner des documents de provenances diverses, parfois de les faire authentifier auprès d'autorités étrangères, et de satisfaire aux exigences de traduction et de certification notariale requises.
Dans notre cabinet, chaque dossier commence par un rendez-vous personnel au bureau de Ramat Gan, fixé à l'avance, au cours duquel sont examinés les détails particuliers du cas, le testament existant, l'identité des héritiers et les circonstances de la succession. Vous pouvez nous contacter par WhatsApp ou par téléphone au 054-668-0699 pour fixer un rendez-vous.
Questions fréquentes
Comment déposer une demande d'ordonnance d'homologation de testament ?
La demande est déposée en ligne auprès du Registraire aux successions, accompagnée du dépôt du testament original et de la publication de la demande. Il est recommandé de vérifier les formulaires et les documents joints avec un avocat avant le dépôt afin d'éviter les retards.
Comment retrouver une ordonnance d'homologation de testament ?
Il est possible de vérifier le statut d'une demande ou de la retrouver via le système en ligne du Greffe des successions, à l'aide des données du défunt et du numéro de dossier s'il existe, et de demander une copie de l'ordonnance une fois rendue, à utiliser auprès des banques et du Bureau d'enregistrement foncier (Tabou).
Combien coûte une ordonnance d'homologation de testament ?
Le dépôt de la demande donne lieu au paiement d'une taxe dont le montant est fixé et mis à jour par les autorités. Il est conseillé de vérifier le montant exact en vigueur auprès du Greffe des successions au moment du dépôt, ce montant pouvant varier de temps à autre.
Quelles sont les règles successorales en l'absence de testament ?
En l'absence de testament valable, le partage de la succession s'effectue selon l'ordre des héritiers fixé par la loi sur les successions, 5725-1965, qui comprend généralement le conjoint ou la conjointe et les enfants, et à défaut, d'autres proches selon l'ordre prévu par la loi. La procédure applicable dans ce cas est la demande d'ordonnance de succession.
Les concubins notoires peuvent-ils rédiger un testament mutuel ?
Oui, les concubins notoires peuvent eux aussi rédiger un testament mutuel, sous réserve de remplir les conditions légales applicables à ce type de testament. Il est recommandé de le rédiger avec l'accompagnement d'un avocat, afin d'éviter toute ambiguïté future quant à l'intention des parties.
Qui sont les héritiers légaux selon la loi sur les successions ?
En l'absence de testament, le conjoint ou la conjointe hérite d'une partie de la succession, aux côtés des enfants ; en l'absence d'enfants, les parents du défunt ou d'autres proches peuvent entrer en ligne de compte, selon l'ordre fixé par la loi sur les successions, 5725-1965.
Qu'est-ce qu'un testament mutuel entre conjoints ?
Le testament mutuel consiste en deux testaments interdépendants, par lesquels chacun des conjoints prévoit que l'autre sera le principal bénéficiaire de sa succession. Ces testaments obéissent à des règles particulières en matière de révocation ou de modification, en particulier après le décès de l'un des conjoints ; il est donc recommandé de les rédiger avec l'accompagnement d'un avocat.
Faut-il obligatoirement déposer un testament auprès du Greffe des successions ?
Non, le dépôt du testament du vivant du testateur n'est pas une obligation légale, mais une possibilité destinée à garantir que le testament sera facilement retrouvé après le décès. Même sans dépôt anticipé, il est possible de présenter le testament original dans le cadre de la demande d'ordonnance d'homologation de testament.
Quel est le texte intégral de la loi sur les successions ?
La loi sur les successions, 5725-1965, est la loi qui régit en Israël l'ordre des héritiers en l'absence de testament, les modes de rédaction d'un testament et sa validité, ainsi que les procédures d'obtention d'une ordonnance d'homologation de testament et d'une ordonnance de succession. Le texte intégral et à jour de la loi est disponible sur des sites officiels et juridiques, tels que le site de la Knesset ou les bases de données législatives en ligne ; il est recommandé de consulter un avocat quant à l'application de ses dispositions à un cas particulier, la loi comportant de nombreux articles complexes qui nécessitent une interprétation professionnelle.
Les informations contenues dans cet article sont de nature générale uniquement et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. Chaque cas doit être examiné selon ses circonstances particulières, et il est recommandé de consulter un avocat avant toute prise de décision.
Les informations de cet article sont générales et ne constituent ni un conseil juridique ni un substitut à un rendez-vous avec un avocat. Chaque cas est examiné selon ses propres faits.
